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Fiscalité de la retraite française en Thaïlande en 2026

Votre pension française est-elle taxée en Thaïlande ? Non : la convention de 1974 la taxe en France, et Bangkok l'a confirmé en 2026. Ce qui change vraiment.

Date de dernière vérification : 5 juillet 2026. Cet article reflète l'état connu à cette date. Le dossier fiscal franco-thaïlandais a beaucoup bougé depuis 2024 ; il sera actualisé à chaque évolution officielle.

En bref : votre pension de retraite française n'est pas taxée une seconde fois en Thaïlande. La convention fiscale de 1974 en attribue l'imposition à la France, et — après deux ans d'incertitude — les autorités thaïlandaises l'ont confirmé noir sur blanc en février 2026 : les retraites françaises, déjà soumises à l'impôt en France, sont exonérées en Thaïlande et même dispensées de déclaration locale. Voici ce que ça implique concrètement quand on vit — ou qu'on projette de vivre — sa retraite ici.

Le principe : la convention de 1974 prime

La France et la Thaïlande sont liées par une convention fiscale signée le 27 décembre 1974, dont les stipulations priment le droit interne des deux États, même adopté après. Pour les pensions, elle est limpide dans ses deux langues qui font foi (français et thaï) : les retraites privées (article 18) comme publiques (article 19) perçues par un résident de Thaïlande sont imposables à la source, c'est-à-dire en France pour une pension française. La Thaïlande, État de résidence, neutralise sa propre imposition via le mécanisme d'exonération de l'article 23.

Le texte intégral et son interprétation officielle sont consultables sur le BOFiP de l'administration fiscale française. C'est la référence à opposer aux guides — souvent anglophones — qui affirment l'inverse.

Pourquoi la panique de 2024, et pourquoi elle est retombée

Le trouble ne vient pas de la convention, mais d'une réforme thaïlandaise. Depuis le 1er janvier 2024, un résident fiscal (plus de 180 jours par an sur le sol thaïlandais) peut être imposé sur ses revenus de source étrangère dès qu'il les rapatrie en Thaïlande — et l'ancienne tolérance du « transfert différé l'année suivante » a disparu. Beaucoup de retraités ont craint de voir leur pension, déjà imposée en France, taxée une seconde fois à Bangkok.

L'inquiétude était réelle : on parle de plusieurs milliers de pensionnés français concernés. Pendant deux ans, l'écart d'interprétation entre l'administration française (« pension imposable seulement en France ») et une lecture thaïlandaise a nourri l'insécurité juridique.

Le point de bascule est arrivé début 2026. Dans un communiqué officiel du 13 février 2026, l'ambassade de France en Thaïlande a rapporté la confirmation obtenue des autorités fiscales thaïlandaises : les retraites publiques ou privées soumises à taxation en France entrent certes dans le champ de l'impôt thaïlandais, mais en sont exonérées en application de la convention — et sont dispensées de déclaration dans la déclaration de revenus thaïlandaise. Autrement dit : la crainte de la double imposition sur les pensions est levée.

Ce que ça change concrètement pour un retraité français

Trois choses à retenir une fois posé qu'on est résident fiscal thaïlandais (au-delà de 180 jours par an) :

  • Votre pension française : exonérée, non déclarée. Elle n'a pas à figurer dans votre déclaration thaïlandaise, et elle n'entre pas dans le calcul du seuil de revenus taxables en Thaïlande.
  • Une déclaration thaïlandaise reste due si vous avez d'autres revenus imposables sur place (au-delà du seuil de déclaration fixé par le barème thaïlandais en vigueur) — par exemple des revenus non couverts par la convention et rapatriés en Thaïlande. Vos pensions, elles, restent hors du décompte.
  • Gardez vos preuves. Le fisc thaïlandais peut vous demander de justifier l'imposition française de votre pension. La preuve reine est votre avis d'imposition français ; comme il n'arrive qu'en été, après la campagne déclarative thaïlandaise, vos bulletins de pension faisant apparaître la retenue à la source servent de justificatif provisoire. Une traduction en thaï des documents peut être exigée (traduction certifiée dans certains bureaux). Si votre pension est assez modeste pour n'être pas imposée en France (impôt net nul), l'avis d'imposition atteste malgré tout de sa déclaration en France — mais la pratique des bureaux du Revenue Department peut varier d'un cas à l'autre.

Côté français, votre pension reste imposée en France comme non-résident : déclaration via les formulaires 2042 et 2042-NR auprès du Service des impôts des non-résidents. À ce titre s'applique un taux minimum d'imposition propre aux revenus de source française des non-résidents : 20 % jusqu'à un seuil de revenu net imposable revalorisé chaque année, puis 30 % au-delà (article 197 A du CGI).

À noter côté prélèvements sociaux : un non-résident fiscal est en principe exonéré de CSG, de CRDS et de CASA sur sa pension française — l'exemption tient au domicile fiscal hors de France, que le pays soit dans l'EEE ou non. En revanche, une cotisation d'assurance maladie (de l'ordre de 3,2 %) peut rester prélevée si vous relevez encore d'un régime français d'assurance maladie obligatoire — ou, pour un ressortissant étranger, si vous totalisez au moins 15 ans d'assurance vieillesse en France.

Le cas particulier du visa LTR

Les titulaires d'un visa LTR (Long-Term Resident), catégorie Wealthy Pensioner, bénéficient d'une exonération sur les revenus étrangers rapatriés en Thaïlande. Pour la pension française, l'intérêt est marginal — la convention neutralise déjà l'imposition. L'avantage du LTR se joue surtout sur les autres revenus étrangers (loyers, dividendes, plus-values) qu'un pensionné voudrait transférer sans frottement fiscal. À arbitrer selon votre patrimoine, pas seulement selon votre pension.

Retraite = le bon visa, pas une exemption raccourcie

La fiscalité n'est qu'une moitié du sujet : encore faut-il un statut de séjour solide. Et là, l'actualité récente compte : l'exemption touristique a été durcie, et enchaîner les visa runs n'est plus une stratégie viable pour vivre en Thaïlande. Pour une retraite ici, le bon outil est un vrai visa long séjour :

Choisir le bon visa dès le départ, c'est aussi sécuriser votre statut de résident fiscal et donc l'application sereine de la convention.

Ce qu'il faut faire maintenant

  • Vous vivez déjà en Thaïlande : conservez chaque année votre avis d'imposition français et vos bulletins de pension ; prévoyez une traduction thaï si un contrôle survient.
  • Vous avez d'autres revenus étrangers : distinguez ce qui est couvert par la convention (exonéré) de ce qui ne l'est pas (potentiellement taxable au rapatriement) — c'est là que se joue votre exposition réelle.
  • Vous préparez votre installation : calez le bon visa long séjour en amont, avant même de penser optimisation fiscale.

Besoin d'y voir clair pour votre situation ? La fiscalité franco-thaïlandaise reste technique, et chaque profil (pension modeste, revenus mixtes, patrimoine immobilier) mérite un examen propre. Cet article est informatif : pour une décision, faites valider votre cas par un professionnel de la fiscalité internationale ou directement auprès du Revenue Department thaïlandais. De notre côté, nous accompagnons les francophones sur le volet visa et installationdécouvrez notre accompagnement ou écrivez-nous (email, WhatsApp, LINE) pour un point personnalisé.

Sources officielles : convention fiscale France-Thaïlande du 27 décembre 1974 (BOFiP) ; communiqué de l'Ambassade de France en Thaïlande du 13 février 2026 (th.diplomatie.gouv.fr). Cet article ne constitue pas un conseil fiscal individualisé.

FAQ

Questions fréquentes

Ma retraite française est-elle imposée en Thaïlande ?+
Non, pas une seconde fois. La convention franco-thaïlandaise de 1974 attribue l'imposition des pensions à la France, et les autorités thaïlandaises ont confirmé en février 2026 que ces retraites, déjà soumises à l'impôt en France, sont exonérées en Thaïlande.
Dois-je déclarer ma pension au fisc thaïlandais ?+
Non pour la pension elle-même : l'ambassade de France indique qu'elle est dispensée de déclaration et n'a pas à figurer dans la déclaration thaïlandaise. Vous restez toutefois tenu de déposer une déclaration si vous avez d'autres revenus imposables en Thaïlande au-dessus du seuil légal.
Qu'est-ce que la réforme thaïlandaise de 2024 a vraiment changé ?+
Depuis le 1er janvier 2024, un résident fiscal thaïlandais (plus de 180 jours par an) peut être imposé sur ses revenus étrangers dès qu'il les transfère en Thaïlande, quelle que soit l'année où ils ont été perçus. Les pensions couvertes par la convention restent hors de cette imposition.
Quels justificatifs dois-je garder ?+
Votre avis d'imposition français est la preuve principale acceptée par le fisc thaïlandais. En attendant sa disponibilité (l'été), vos bulletins de pension mentionnant la retenue à la source servent de preuve provisoire ; une traduction en thaï peut être exigée.
Suis-je encore résident fiscal français ?+
En général non : au-delà de 183 jours en Thaïlande et avec l'essentiel de vos intérêts sur place, votre domicile fiscal bascule. Votre pension reste néanmoins imposée en France comme non-résident (formulaires 2042 et 2042-NR, Service des impôts des non-résidents).

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